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De merveilleuses amies et des frites de patate douce

McCain Blog Author Rebecca Brown

Par : Rebecca Brown

Rebecca est éditrice, stratège, mère de deux enfants et fanatique de technologie...

C’était une autre époque, où les meilleures amies se rencontraient en personne.

Allison et moi avions l’habitude de flâner ou de nous promener à vélo dans les rues des quelques pâtés de maisons qui séparaient nos foyers : chaque occasion, bonne ou mauvaise, représentait une raison de nous réunir. Lorsque mon béguin ne m’avait pas invitée à la danse ou que son père la disputait pour ses mauvaises notes. À la sortie d’un nouveau disque que nous mourrions d’envie d’écouter ou si l’une d’entre nous mettait la main sur un film d’horreur sanglant.​

Pour alimenter nos conversations, sécher nos larmes, apaiser nos disputes occasionnelles et provoquer les fous rires mélodieux d’Allison, la nourriture était la clé. Notre menu favori était un plateau de frites de patate douce croustillantes accompagnées de mayonnaise.​

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Nous savourions nos frites et discutions à la table de la cuisine en perçant tous les mystères de l’adolescence. Le regard qu’il m’a lancé plus tôt à la cafétéria signifiait-il quelque chose? Que se passe-t-il avec Ophelia? Pourquoi les vendredis après-midi semblent-ils interminables? Devrions-nous essayer de trouver un emploi au même restaurant rapide ou continuer à garder des enfants?

Nous apportions parfois nos collations au sous-sol, montions le volume de la chaîne stéréo et chantions à tue-tête (souvent en dansant). Nous regardions également des comédies et des films d’horreur à plein volume, les lumières éteintes. Après le film, lorsque nous étions épuisées et que nous essayions de nous tirer du lit, Allison retrouvait un nouveau souffle. Elle imitait les acteurs vus dans notre film (et la moitié de notre classe). Je me tordais de rire.​​​

Il y a de cela si longtemps. Aujourd’hui, il n’y a plus que les adolescents qui ne se rencontrent plus en personne. Après l’école secondaire, Allison et moi avons pris des chemins différents. Elle habite maintenant une autre province. Je ne la vois qu’à quelques années d’intervalle, lorsqu’elle revient à la maison pour visiter sa famille. Elle est venue à mon mariage. Je me suis rendue aux funérailles de sa mère. Nous communiquons encore par Skype quelques fois par année. 

Nous prévoyons nos appels puis, en souvenir du bon vieux temps, nous préparerons chacune un plateau de frites de patate douce. Les choses ont changé : elle adore la coupe régulière, tandis que je préfère les frites ondulées aux contours brunis. 

Nous discutons, savourons nos frites, léchons le sel sur nos doigts et parlons de nos anciens béguins et travaux du secondaire, mais également de notre emploi, de nos enfants, de la toiture qui doit être refaite et des voitures que nous ne pouvons nous permettre. Son rire est resté le même; les frites ont gardé le même goût. Nos vies ont changé, mais je réalise la chance que j’ai d’avoir su garder cette meilleure amie! ​